Juin 02

Sortie prochaine d’un ouvrage sur le Maquis de Saint Clair

Tag: Département,SociétéGérard - votre Editeur @ 10:52

Notice synthétique

La formation résistante homologuée, après la guerre, comme unité combattante sous le nom de « maquis de Saint-Clair » dans le Calvados trouve son origine dès la fin de 1940 dans les initiatives de quelques personnalités locales de la région sud de Caen, qui parviennent à créer autour d’eux de petits groupes de résistance. Des contacts avec des relations de travail les rattachent à l’un des tout premiers mouvements de résistance en zone occupée : l’Armée des Volontaires (AV).

Les arrestations opérées par la police allemande, en 1942, parmi les membres de cette organisation obligent les chefs de groupes des cantons de Bretteville-sur-Laize et de Thury-Harcourt à ralentir leurs actions jusqu’en février 1943. A cette date, ils passent sous la direction de l’Organisation Civile et Militaire (OCM), autre mouvement de résistance bien implanté en Normandie. De mars à décembre, l’activité de ces groupes se développe rapidement. Avec le recrutement de nouveaux membres, la collecte de renseignements militaires devient plus efficace, l’aide apportée aux réfractaires du STO, de plus en plus nombreux, s’organise, et un parachutage d’armes et de munitions, pour le compte du Bureau des Opérations Aériennes (BOA), est même réceptionné avec succès en septembre.

Mais à nouveau, les coups portés à l’OCM par la Gestapo, en décembre 1943, ont pour conséquence la mise en sommeil des activités des groupes de résistance de la région de Caen et la dispersion de nombreux agents, contraints de chercher asile dans les petites localités du sud-Calvados.

A partir du mois de février 1944, les groupes OCM de la région sud de Caen demeurés intacts, passent sous le commandement du Special Operations Executive (SOE), l’un des neuf services secrets britanniques activés dans les territoires occupés, depuis le début de la guerre. Le SOE a pour mission de fomenter partout la subversion et de porter le plus de coups possibles aux troupes d’occupation allemandes, par le sabotage et les actions de guérilla. Les chefs de groupes OCM se rangent alors, spontanément, sous l’autorité d’un très jeune officier français, originaire de la région de Bordeaux, le capitaine Jean Renaud-Dandicole, alias « René » ou « Capitaine Jean » dans la clandestinité, entraîné spécialement par le SOE en Angleterre. Celui-ci est chargé d’organiser dans le Calvados et la Mayenne un sous-réseau dépendant du réseau SOE « Scientist », dirigé au plan national par le major anglais Claude de Baissac.

De mars au début du mois de juillet 1944, les ex-groupes OCM du sud de Caen ont fusionné en une seule organisation combattante, le maquis de Saint-Clair, abondamment approvisionné en armes, munitions et équipements militaires par plusieurs parachutages, effectués avec succès, sur la commune de Pierrefitte-en-Cinglais, dans la perspective du Débarquement allié. D’autres groupes de résistance implantés dans le bocage virois (maquis de Montchamp-Montchauvet) et les départements proches de la Manche (maquis de Beaucoudray), et de la Mayenne (réseau Navarre), bénéficient des parachutages du SOE, tous organisés par le capitaine Jean et son officier radio, le capitaine Maurice Larcher, alias « Langlade ».

Dès la nuit du 5 au 6 juin 1944, le maquis de saint-Clair qui a échappé aux expéditions sanglantes de la Gestapo de Caen, entre en action pour exécuter les plans dévolus par les Alliés à la Résistance : sabotage de voies ferrées, coupures des lignes téléphoniques, abattage d’arbres sur le réseau des routes secondaires, attaque de convois militaires et estafettes allemands.

Hélas, le 8 juillet 1944, le PC du maquis est découvert fortuitement par des SS stationnés à proximité. C’est la tragédie de Saint-Clair qui décapite l’organisation et disperse les hommes, privés de commandement.

L’histoire du maquis de Saint-Clair se termine, comme beaucoup d’autres formations combattantes, de manière tragique. Son activité multiforme apparaît tout à fait représentative de l’action de la Résistance bas-normande. Elle illustre la fusion qui s’est opérée facilement entre les groupes issus des mouvements successifs de la résistance intérieure, et l’un des plus efficaces services secrets britanniques dirigé, depuis Londres, par le lieutenant-colonel Maurice Buckmaster.

Depuis 1947, le souvenir des combattants du maquis de Saint-Clair, morts et disparus dans l’action, au début de juillet 1944, et de ceux qui ont survécu à la guerre, est toujours entretenu avec ferveur et fidélité, à l’endroit même de la tragédie. Histoire et mémoire sont toujours restés liés indissolublement, en ces lieux. Elles portent encore aujourd’hui le témoignage de valeurs toujours actuelles qu’il convient de préserver et de transmettre aux générations nouvelles.

Gérard FOURNIER,

Professeur agrégé,

Docteur en histoire

 

Monsieur Gérard FOURNIER, professeur agrégé, docteur en histoire, présentera son dernier livre : « La Résistance en Suisse normande, 1940-1944 : le maquis de Saint-Clair », à paraître aux éditions Charles Corlet, à Condé-sur-Noireau, le  dimanche 8 juillet 2012, en la salle des fêtes de Pierrefitte-en-Cinglais, à 11h.30, à l’invitation de  M. Jean Lietta maire de Pierrefitte en Cinglais. .

Cette présentation, suivie d’une séance de dédicace de l’auteur, aura lieu à l’issue de la cérémonie commémorative officielle en hommage aux fusillés devant le monument de Saint-Clair, à 10h. 15, en présence de Monsieur Didier LALLEMENT, Préfet de la région Basse-Normandie, Préfet du Calvados, qui assistera également à la présentation de l’ouvrage.