07 Nov 2014

NOTRE PEUR DE N’ETRE / FABRICE MURGIA

Category: Vie culturelle et loisirsGérard - votre Editeur @ 10:43

Mercredi 10 et jeudi 11 décembre à 19h30
à la Comédie de Caen, Théâtre d’Hérouville
Durée du spectacle : 1h20
Le spectacle est créé au Festival d’Avignon 2014.
Réservations au 02 31 46 27 29 ou à l’accueil du théâtre d’Hérouville

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Après avoir travaillé les thèmes générationnels de la dérive sectaire (Les Enfants de Jéhovah), les lieux en déréliction et le vieillissement (Ghost Road accuelli à la Comédie de Caen la saison dernière), l’exil (Life : Reset), le jeune auteur metteur en scène belge poursuit sa recherche autour des crises, aliénations et malaises de la société contemporaine, avec son collectif de performers, vidéastes, plasticiens de la Cie Artara. Les formes d’isolement et d’ermitage le passionnent – ses pièces répondant, en filigrane, à une quête autour de sa propre solitude influencée par un trouble de l’oreille interne. Autobiographique, documentaire, son «théâtre intuitif» s’écrit sur le plateau, où le texte n’est pas «l’élément central de la dramaturgie».
La peur de ne pas affronter la réalité et l’addiction au cyber espace hanteront sa nouvelle pièce. «En s’isolant sur Internet, certains jeunes gens décident de fuir à l’intérieur d’eux-mêmes, de suicider une partie d’eux en favorisant le contact avec la machine plutôt qu’avec les êtres humains. C’est actuel, mais depuis que l’homme est homme il essaye de tirer sur la foule.» À partir des travaux de Michel Serres et l’histoire des Hikikomori japonais, en retrait du monde, ou de cet ami retranché chez lui depuis 10 ans, Murgia dresse le portrait de cette solitude pour «en tirer de la poésie». Ce voyageur sensible, «j’aime mêler mon exil à mon écriture», a parfois l’impression d’écrire la même pièce, même si la perception est toujours différente. En définitive, un nouveau prétexte pour questionner l’évasion, au monde et en soi. «Ce qui m’intéresse c’est le voyage de gens qui ne viennent pas forcément de mon monde, mais dans lequel j’y perçois ma détresse». Et le théâtre pour l’appréhender.
Fabrice Murgia a trente ans et déjà six mises en scène à son actif, menées avec sa compagnie Artara créée en 2008. C’est Le Chagrin des Ogres présenté en 2009 qui fait de ce jeune acteur passé par le Conservatoire de Liège un metteur en scène remarqué, dont le parcours s’inscrit avec originalité dans le paysage théâtral. Souvent, il propose des formes nouvelles, incluant les technologies les plus avancées, pour traiter des thèmes générationnels travaillés par un ensemble de collaborateurs complémentaires : acteurs, performeurs, plasticiens, musiciens et vidéastes. Après Life:Reset / Chronique d’une ville épuisée, il met en scène Dieu est un DJ à partir du texte de Falk Richter. En 2012, trois spectacles sont présentés, Exils qui expose ce sentiment partagé par une jeunesse d’être hors «d’une vie et d’une pensée à soi», puis Les Enfants de Jéhovah, sur l’endoctrinement sectaire, et enfin Ghost Road, sur les choix de vie «hors civilisation». À travers toutes ces propositions, on peut discerner un fil rouge qui se décline à chaque projet de façon différente : la solitude. Cette solitude sera encore présente dans Notre peur de n’être, celle de ces jeunes adultes coupés du monde qui ont choisi de vivre reclus, seuls face à leurs écrans, pour échapper à une société de plus en plus brutale…

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