16 Oct 2014

Salon du nucléaire : la France s’obstine à promouvoir une industrie en déclin

Category: National,Région,SociétéGérard - votre Editeur @ 13:10

Fukushima n’a pas refroidi les ardeurs de l’industrie nucléaire française à poursuivre son business, coûte que coûte. En organisant le premier salon mondial du nucléaire qui se tient à Paris-Le Bourget, elle cherche à exporter son « savoir-faire », alors que ses coûts de production ne cessent d’augmenter.

Europe Écologie – Les Verts Basse-Normandie trouve choquante la tenue d’un tel salon, alors même que les députés viennent d’adopter le projet de loi sur la transition énergétique. Rappelons que grâce au travail des élus régionaux Europe Écologie – Les Verts, le conseil régional de Basse-Normandie a refusé l’accord d’une subvention de 35000 euros à Nucleopolis pour sa participation à ce salon.

Dans notre région la plus nucléarisée d’Europe, l’EPR en construction à Flamanville est à lui seul un révélateur de la dérive d’une filière en déclin. On sait désormais que son entrée en service prévue en 2016 ne sera en fait qu’une mise à l’essai, la production à plein régime n’étant programmée qu’en 2018 : soit un retard de 6 ans et un surcoût de 6 milliards d’euros, ce qui équivaut à trois fois le devis de départ! Sans oublier les deux accidents du travail mortels, les graves infractions au code du travail (qui feront l’objet d’un procès à Cherbourg) et les dysfonctionnements à répétition. Un chantier à l’image de son cousin finlandais, qui a pris 9 ans de retard et coûtera 8 milliards d’euros, soit plus du double prévu.

Au-delà du gouffre financier qu’elle engendre, l’énergie nucléaire pose des problèmes de sécurité considérable. Longtemps nié par les autorités françaises, ce risque ne peut plus être ignoré depuis la catastrophe de Fukushima. De nombreuses questions restent sans réponses satisfaisantes, en cas d’accident nucléaire survenant dans notre pays : comment évacuer la population alors que seul un plan est prévu dans les 10 km autour des centrales ? Quels territoires condamnés en zone interdite ? Comment décontaminer ? (Dossier de Science & Vie, sept. 2014)

Face à un tel danger, il n’est plus permis de croire que le nucléaire est une industrie d’avenir. D’autant que le problème de ses déchets n’est pas résolu. Le retraitement ne permet pas d’éliminer les résidus les plus radioactifs qui resteront extrêmement dangereux pendant plusieurs milliers d’année, malgré leur stockage, à La Hague ou ailleurs. Et les rejets en mer de liquide radioactif, tel que le tritium, sont autorisés en quantité importante…

Pour Europe Écologie – Les Verts Basse-Normandie, l’urgence est avant tout de réduire la facture énergétique en encourageant la rénovation du bâti et en bannissant toute forme de gaspillage d’énergie. Le nucléaire coûte très cher à la France, y compris sur le plan sanitaire. Il est temps de reconsidérer notre rapport à l’énergie et à l’usage que nous en faisons. Consommer moins mais mieux, voilà un vrai défi que l’État doit aider ses concitoyens à relever.

Il est également primordial de favoriser le développement des énergies propres et renouvelables, créatrices d’emploi et aussi pertinentes sur le plan écologique que sur le plan économique. Sur ce terrain la France reste en retard par rapport à ses voisins européens, alors même que les progrès techniques permettent une pluralité de solutions toujours plus pointues. Éolien, hydrolien, hydraulique, biogaz et solaire doivent occuper le premier plan pour, à terme, remplacer le nucléaire ne nous promettant qu’un avenir bien sombre.

Europe Écologie – Les Verts Basse-Normandie

25 rue Varignon, 14000 Caen / 09 52 50 67 14

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